Attirer et fidéliser
Le dispositif offre aux cadres et profils clés une perspective de gain liée au développement de l’entreprise et à la réussite du projet collectif.
Actions, BSA, actions de préférence, AGA ou BSPCE : un management package peut fidéliser les talents et aligner leurs intérêts avec ceux des actionnaires. Sa conception doit toutefois intégrer dès l’origine les nouveaux critères fiscaux applicables aux gains.
Étudier un dispositif d’intéressementUn management package n’est pas une simple prime différée.
Il donne à certains salariés ou dirigeants accès au capital ou à sa performance. Depuis le 15 février 2025, la fiscalité du gain dépend notamment du lien avec les fonctions exercées, du risque de perte supporté, de la durée de détention et de la performance de l’entreprise.
Le dispositif offre aux cadres et profils clés une perspective de gain liée au développement de l’entreprise et à la réussite du projet collectif.
Le manager devient exposé à la valeur de l’entreprise, aux côtés des fondateurs, actionnaires ou investisseurs financiers.
Dans une levée de fonds, un LBO ou une transmission, le management package peut stabiliser l’équipe et organiser son association au capital.
Le choix dépend de la forme de la société, de son stade de développement, de sa valorisation, du niveau de risque recherché et des droits que les actionnaires souhaitent accorder aux bénéficiaires.
Le manager participe au capital dans des conditions proches de celles des autres actionnaires. Son gain dépend directement de la progression de la valeur de la société.
Elles aménagent les droits financiers ou politiques et peuvent prévoir des mécanismes de hurdle ou de ratchet liés à des objectifs de performance.
Ils permettent d’acquérir ou de souscrire ultérieurement des actions à un prix déterminé. Ils peuvent perdre toute valeur si les objectifs économiques ne sont pas atteints.
Les AGA obéissent à un cadre légal propre concernant leur attribution, leur acquisition définitive et leur traitement fiscal et social.
Elles donnent le droit d’acquérir des actions à un prix fixé à l’avance, dans le respect du régime légal et des conditions du plan.
Réservés aux sociétés et bénéficiaires remplissant les conditions légales, ils sont fréquemment utilisés par les jeunes entreprises en croissance.
| Catégorie | Principaux instruments | Caractéristiques | Points de vigilance |
|---|---|---|---|
| Plans qualifiés | AGA, stock-options et BSPCE respectant leur cadre légal français. | Régimes juridiques, fiscaux et sociaux spécifiques pour l’attribution, l’acquisition ou l’exercice. | Vérifier toutes les conditions du plan et distinguer ces gains du gain de cession. |
| Plans non qualifiés | Actions ordinaires ou de préférence, BSA, options contractuelles et autres mécanismes. | Grande liberté de construction, mais absence de régime légal autonome comparable. | Juste valeur, investissement réel, risque de perte, durée de détention et lien avec les fonctions. |
| Plans étrangers | Dispositifs portant une appellation étrangère ou inspirés d’un régime étranger. | Le nom commercial du plan ne détermine pas sa qualification en France. | Analyser la documentation pour vérifier s’il peut réellement être assimilé à un dispositif français qualifié. |
Lorsque les titres ont été souscrits, acquis ou attribués en contrepartie des fonctions de salarié ou de dirigeant, l’article 163 bis H du CGI pose un principe d’imposition dans la catégorie des traitements et salaires.
Une fraction du gain peut néanmoins relever du régime des plus-values mobilières lorsque les conditions du régime dérogatoire sont respectées. Cette fraction est plafonnée par une limite calculée à partir de la performance de la société.
Dans la limite légale, elle suit le régime fiscal des plus-values mobilières. Le traitement doit être articulé avec celui propre aux AGA, stock-options ou BSPCE, le cas échéant.
La part du gain excédant la limite relève des traitements et salaires. Son traitement social dépend de la qualification précise du gain et des conditions dans lesquelles il est réalisé.
Le bénéficiaire doit pouvoir perdre tout ou partie de la valeur investie. Une garantie totale assurant un prix de sortie au moins égal au prix d’acquisition fait obstacle au régime dérogatoire.
Les instruments non qualifiés doivent, en principe, être détenus pendant au moins deux ans. Cette condition ne s’applique pas de la même manière aux AGA, stock-options et BSPCE, qui conservent leurs propres règles.
La valeur des instruments et celle de l’entreprise à l’entrée et à la sortie doivent pouvoir être justifiées. Les opérations sur le capital doivent également être prises en compte.
Le calcul repose sur un multiple égal à trois fois le rapport entre la valeur réelle de la société à la sortie et sa valeur réelle à l’entrée. La société de référence est généralement celle dont la performance économique est suivie, y compris lorsqu’une management company s’interpose.
Certains dividendes, revenus distribués ou remboursements de capital perçus pendant la période doivent ensuite être retranchés. Les opérations sur le capital et les différentes dates d’acquisition peuvent rendre le calcul plus complexe.
Valeur à l’entrée : 90 M€
Valeur à la sortie : 270 M€
Multiple : 3 × (270 ÷ 90) = 9
1 000 titres acquis 150 € puis cédés 2 000 €.
Gain total : 1 850 000 €.
Limite plus-value : 1 200 000 €.
Excédent relevant des salaires : 650 000 €.
Une management company, ou Manco, est une holding dédiée regroupant les participations des managers. Elle peut faciliter la gouvernance collective, organiser les relations avec les investisseurs et, dans certains montages, mutualiser le financement de l’investissement.
La performance potentielle ne suffit pas à apprécier l’intérêt du package. Les droits du manager et les conditions de liquidité sont largement déterminés par les statuts, le règlement du plan et le pacte d’actionnaires.
| Clause | Fonction | Risque à mesurer |
|---|---|---|
| Lock-up | Interdit la cession pendant une durée déterminée. | Immobilisation du capital sans garantie de liquidité à l’échéance. |
| Good leaver | Organise le départ du manager dans certaines circonstances admises. | Méthode de valorisation et délai de rachat des titres. |
| Bad leaver | Prévoit une décote ou un rachat défavorable dans certains cas de départ. | Définition très précise des événements concernés et ampleur de la décote. |
| Tag-along | Permet au manager de participer à la vente initiée par les actionnaires principaux. | Conditions, proportion de titres et égalité du prix de cession. |
| Drag-along | Oblige le manager à céder si les actionnaires majoritaires vendent. | Seuil de déclenchement et protection des intérêts minoritaires. |
Identifier les profils concernés, la durée du projet, les comportements recherchés et le niveau de dilution acceptable.
Faire documenter leur juste valeur et les hypothèses économiques par un professionnel compétent et indépendant.
Mesurer le gain et la perte potentiels selon plusieurs valeurs de sortie et selon les différents cas de départ.
Mettre en cohérence la documentation juridique, la fiscalité, le traitement social, la comptabilité et la communication aux managers.
Clarifier les objectifs de fidélisation, les bénéficiaires, l’horizon de liquidité et la place du dispositif dans la politique globale de rémunération.
Comparer les instruments, les risques supportés, le financement de l’investissement et les conséquences pour le manager.
Travailler avec l’avocat, l’expert-comptable, le conseil fiscal, l’évaluateur et les actionnaires afin de sécuriser la mise en œuvre.
Maubourg Entreprise intervient dans l’analyse globale et la coordination du projet. Le cabinet ne se substitue pas aux professionnels chargés de la valorisation, de la rédaction des actes ni de la validation juridique, fiscale, sociale et comptable.
Le choix de l’instrument ne peut être dissocié de sa valorisation, du pacte d’actionnaires, du risque réellement supporté et de la fiscalité de sortie. Maubourg Entreprise vous aide à cadrer le projet et à réunir les compétences nécessaires.
Échanger avec un conseillerNon. Il peut bénéficier à des salariés, cadres ou personnes clés, qu’ils exercent ou non des fonctions de direction. Le lien entre l’attribution et les fonctions exercées reste toutefois essentiel pour déterminer le régime fiscal.
Non. Depuis le 15 février 2025, le principe est l’imposition en traitements et salaires lorsque le gain est acquis en contrepartie des fonctions. Une fraction peut relever des plus-values mobilières si les conditions légales sont réunies et dans la limite liée à la performance de la société.
Oui, l’existence d’un risque réel de perte constitue une condition du régime dérogatoire. Une garantie totale du prix d’acquisition est susceptible de conduire à une imposition intégrale dans la catégorie des traitements et salaires.
Les actions ordinaires, actions de préférence ou BSA peuvent être détenus par l’intermédiaire d’une Manco. Les AGA, stock-options et BSPCE qualifiés doivent en revanche être attribués directement aux bénéficiaires par la société émettrice.
Les titres acquis ou souscrits en contrepartie de fonctions salariées ou dirigeantes ne sont plus éligibles au PEA et au PEA-PME depuis février 2025. Les situations antérieures doivent être étudiées séparément.
Contenu informatif mis à jour en septembre 2026, notamment au regard de l’article 163 bis H du CGI et de la doctrine BOI-RSA-ES-20-60. Chaque dispositif nécessite une analyse individualisée.